Un char miniature à la mairie

Une question provenant de la section « Patois » de l’office de tourisme de Sennecey a remis dans l’actualité un petit objet oublié au sein de notre maison commune.

Un dénommé Monsieur DUPIN habitant de Sermaisey au début du 20ème siècle, fort habile de ses mains, a miniaturisé l’outil de transport très utilisé par le paysan entre les deux guerres, puis  pendant plusieurs décennies.

 

Avant 1940, il eu l’idée de relever les cotes de tous les éléments constituant un char agricole. Observant leur emplacement et leur fonctionnement, il appliqua les proportions au 10 ème, et ainsi reconstitua à l’identique cet outil précieux.

Le char modèle appartenait à Paul MONNOT, cultivateur et alors  premier magistrat de la commune.

Pêle mêle, le spécialiste repère les éléments tels que : les limonières, les banches (planches des côtés), le treuil, les lisoirs…..

                                                                                                  

Il avait pris place dans la « vitrine musée » de l’école primaire.

Jean DUPIN, parent du créateur, souhaita récupérer l’objet. Le discernement du maireen fonction dans les « années 80 », empêcha ce prélèvement.

Le « petit char » gagna alors une place d’honneur au sein de l’ancienne mairie, et fut exposé sur la cheminée de marbre.

Relégué dans un carton lors du dernier déménagement des locaux municipaux, il fut entreposé avec précaution et sécurité dans l’armoire du maire.

Ainsi conservé et abrité, cet objet de grande valeur technique, témoin fidèle d’un modèle agricole disparu,  est maintenant remis en lumière et protégé.

Plusieurs modèles réduits furent à leur tour sculptés par un enfant du pays Marcel GOURAT. Paysan de cœur, à l’heure de la retraite trop tôt venue,  il a taillé et gravé dans le bois de nombreuses scènes rurales. Les chars animés y font bonne figure.

                                                             

Une histoire d'imprimerie au village

Le bois PROTAT

 

Découvert à LAIVES en 1898 ou 1899, (la date ne semble pas très précise), le bois gravé dit « Protat », met en lumière une fois de plus notre village.
Bien que les scientifiques le suppose issu de l’abbaye de La Ferté, notre proche voisine, il a été repéré dans un bâtiment ancien sis dans la rue des auges *, alors qu’il servait piteusement de cale pour un dallage, ou bien pour un escalier démoli.
La planche fut ensuite vendue à Jules PROTAT, imprimeur et collectionneur mâconnais qui lui donna son nom. Elle resta dans la famille jusqu’en 2001. C’est à cette date que la Bibliothèque Nationale de France a pu l’acquérir par dation.
Sans doute épargné des flammes grâce à la qualité de ses sculptures, le « bois Protat » connait maintenant une notoriété nationale et internationale. Cet élément d’imprimerie est reconnu pour être le plus ancien de France et même du monde occidental.
La planche de noyer a été confiée au début du 20ème siècle à Henri BOUCHOT conservateur à la bibliothèque nationale. Elle est gravée sur ses deux faces tête bèche, et mesure dans sa hauteur 58cm, dans sa largeur environ 23 cm.
Elle dévoile deux images différentes et partielles qui ont pu être interprétées comme suit :
La face la plus ancienne décrit une scène de crucifixion. Sur la partie supérieure, le bras du Christ est sculpté. Trois personnages costumés se dégagent au pied de la croix, il s’agit du centurion « Longin » ayant porté l’ultime coup de lance, et de deux soldats romains. La lance apparait nettement dans le décor. Un phylactère sort de la bouche de Longin, il porte les inscriptions latines, traduites par ces mots : « Celui-ci est vraiment le fils de Dieu ».
Cette reconnaissance est à l’origine de la conversion et ensuite de la sanctification du centurion.
Sur cette même face, la partie gauche de l’élément est amputée, il semblerait qu’elle évoque la Vierge et Saint Jean.
Le verso de la planche est encore plus endommagé, il découvre un ange agenouillé dont le chef est absent. Il pourrait s’agir de la description de « l’Annonciation ».
La présentation de cette découverte au spécialiste de l’estampe du 19ème siècle, Henri BOUCHOT a apporté des précisions sur la datation de l’élément.
Alors que le bois de noyer est daté du 12ème siècle, la première face rappelant la crucifixion, semble avoir été gravée aux environs de 1370/1380, cependant les observations plus récentes la situent vers 1400.
La seconde face montrant la gravure de l’Annonciation est plus tardive, sa création relève des années proches de 1450 (contemporaines de Gutemberg).
Logiquement, il s’agissait donc d’après cet expert d’une suprématie de l’estampe française sur celle de l’Allemagne.
Hélas, les nouvelles études comparatives des oeuvres analogues, tendent à démontrer que cette pièce unique qui a sans doute transité par l’abbaye de La Ferté, aurait plus sûrement une origine allemande. En effet, le sud de l’Allemagne est considéré comme le berceau européen de l’impression des estampes !
Le grand format de la plaque indiquerait un usage initial destiné à l’impression de textiles tels que les soieries, mais il s’avère plutôt qu’elle fut utilisée pour les impressions sur papier.
A la fin du Moyen Age, la représentation iconographique se développe sur des papiers de grande dimension, il est admis qu’à cette époque, les estampes se vulgarisent dans la population croyante, et se destinent aux dévotions personnelles des familles plus modestes.
La xylographie* évolue ensuite vers la gravure sur cuivre, puis enfin vers les « eaux fortes » aux environ de 1500.

                       

                                                       

                 Copie d'une carte postale ancienne expédiée en 1924                                            copie d'une image issue de Wikipédia

                ( collection privée)

 

                                                                                                                                                                       D.Revillet


*Il semblerait, que cette découverte ait été réalisée lors de la destruction d’un bâtiment dans la rue des « auges », maintenant dénommée la rue des fontaines. Il ne s’agit là que d’une information orale transmise par un ancien villageois.
*La xylographie est la gravure sur bois.


Résumé de texte établi à la suite de la conférence de Mr Mattieu Pinette au château de Germolles (71) le 03 février 2015 et d’après les informations puisées sur le net.
 

 

 

 

Les Carrières

Extrait du site de l’association des Artisans « Laviers et Muraillers de Bourgogne »

Lettre d’information saison 9

Visitez notre site web

Infos-lithiques, Géologie

 

Gros plan

http://www.laviers-muraillers-bourgogne.fr/images/commun/filet_de_separation_2.jpg

Les carrières de Laives (Saône-et-Loire).

 

Le village de Laives (du nom d'une peuplade gauloise, les Léavi) est constitué de plusieurs hamaux ou quartiers (Sermaisey, Lenoux, St-Bonnet, la Ruée, le Paquier), s'étendant du plateau rocheux jusqu'à la vallée, épousant un relief dont les habitants ont su tirer profit : exploitation du bois et de la pierre sur les hauteurs, culture de la vigne sur les côteaux, production agricole en fond de vallée.

Laives est situé à l'extrémité septentrionale des monts du Mâconnais, bordés à l'ouest par le fossé de la Grosne et à l'est par le fossé de la Saône. Orienté NNE-SSW, cet ensemble monoclinal mesure une cinquantaine de kilomètres du nord au sud pour seulement une quinzaine en largeur.

Ces strates sédimentaires se sont formées durant l'ère secondaire puis ont été soulevées et fracturées lors de la surrection des Alpes durant l'ère tertiaire. Elles sont constituées principalement de calcaire à entroques et de calcaire oolithique. La formation du calcaire à entroques se situe au système jurassique, appartient à la série Dogger, plus précisement à l'étage Aalénien et Bajocien et date de 175 million d'années. C'est une roche bioclastique (du grec bios, vie et klastos, brisé).

Les entroques sont des débris de tiges et de bras (composés de calcite) de crinoïdes autrement appelés "lys de mer". Ces animaux marins, (qui existent encore actuellement) font partie des échinodermes, à l'instar de l'étoile de mer et de l'oursin, qui nous sont plus familiers.

Le calcaire à entroques offre une palette chromatique dans les tons beiges teintés d'ocre, parfois veinés de bleu violacé. Il est grenu, dur, compact et homogène, résistant bien au gel. Les strates de découverte, sujettes à la météorisation se délitent en plaques d'épaisseurs variées offrant ainsi des pierres plates utilisées en couverture.

 

  

            

                                                                                      Les carrières Jacquot Dumont ou du Mont

 

 

http://www.laviers-muraillers-bourgogne.fr/images/actualites/archives/calcaire.jpg

La formation du calcaire oolithique (du grec ôon, oeuf et lithos, pierre) se situe, lui aussi, au système Jurassique et à la série Dogger mais appartient aux étages Bathonien et Callovien.

Il est composé de concrétions comprenant une enveloppe faite d'une ou deux couches succéssives autour d'un noyau de taille variable, souvent un bioclaste.

Leur diamètre est de 1 à 2 millimètres. Associées entre elles par un 'ciment' calcaire, elles évoquent un amas d'oeufs de poisson, d'où leur nom.

Plus tendre, le calcaire oolithique est également plus gélif. Sa gamme chromatique va du blanc vif à légerement rosé.

Les carrières de Laives, toutes à ciel ouvert, sont exploitées depuis le moyen-âge pour l'édification de monuments d'importances telle l'église St-Martin qui, perchée sur la montagne domine le village et l'abbaye cistercienne de la Ferté, située toute proche.

A la fin du XIXe siècle, on comptait jusqu'à 70 ouvriers répartis sur une dizaine de sites d'extraction.

En activité jusqu'à la moitié du XXe siècle, ces carrières ont fourni des pierres de qualités variées, aussi bien utilisées pour la taille, la couverture, la maçonnerie, les pavages, ou la fabrication de la chaux.

Auteur de l’article : Martin MURIOT




Votre mot de passe vous a été remis lors de l'ouverture du dossier.